Arriver dans le bush…

Rouler pendant deux jours, faire plus de 1000 km et ne même pas avoir traversé la moitié de l’état !

C’est à la fin du mois de mars que nous quittons Mareeba pour rejoindre le village de Richmond, le plus proche de la ferme où nous devons nous rendre pour débuter un nouveau travail. L’Australie est grande et l’état du Queensland déjà rien qu’à lui est un géant. En roulant tranquillement avec notre van nous passons deux jours sur la route avant d’arriver à destination (Ici on évite de rouler la nuit, nos phares ne sont pas très puissant les routes puisqu’elles passent au milieu de rien ne sont pas éclairées et de nombreux animaux sont susceptible de jaillir de tous cotés !). Nous découvrons ainsi les routes du pays, d’interminables lignes droites, sur un terrain plat, au milieu de rien avec l’horizon à perte de vue et la chaleur qui déforme au loin l’aspect du bitume…

Tout droit, toujours tout droit... seul le revêtement de la route change !

Tout droit, toujours tout droit… seul le revêtement de la route change !

Sur plus de 1000 km dont la moitié n’est qu’une ligne droite nous ne croisons que quelques véhicules dont la grande majorité est composée de road train, d’énormes camions tractant jusqu’à 4 remorques et pouvant mesurer jusqu’à 50 m de long. Des véhicules gigantesques à l’échelle de ce pays ! Sur les 600 derniers km de ligne droite nous ne traverserons que quelques petits villages, (même pas une dizaine !) et plus nous nous enfonçons dans les terres plus le paysage et les lieux traversés prennent des airs de far ouest.

Road train quelque part entre Prairie et Richmond...

Road train quelque part entre Prairie et Richmond…

La chaleur est écrasante, les kilomètre se succèdent au milieux des étendues les plus grandes que nous n’ayons jamais vues, le téléphone ne capte plus aucun réseau depuis longtemps… Seuls par moment surgissent au bord le routes quelques panneaux publicitaires et au loin une grande éolienne annonçant l’arrivée prochaine dans un lieux habité. Les arrêts se font dans des roadhouse, sortes de stations services où il est aussi possible de se restaurer et d’avoir accès à des toilettes et à des douches, ainsi on remplit le réservoir de diesel, on emporte quelques boisons fraiche et c’est repartit pour quelques centaine de kilomètres avant de recroiser quelque chose !

Par moment un portail se dresse le long de la route, encadrant un chemin de terre qui part sur la droite ou sur la gauche, annonçant l’entrée d’une cattle station, à plusieurs km de là, que nous ne pouvons voir depuis la route goudronnée. Des troupeaux de vaches se laissent apercevoir en bordure de route et les panneaux signalant la présence des ruminants et appelant à la vigilance nous confirment que nous approchons de notre destination !

Arrivée en cattle station

C’est à Pialah station que nous sommes attendus et que nous arrivons un dimanche en fin de journée…

Une cattle station est une ferme de grande envergure qui élève du bétail et se trouve éloignée géographiquement des villes. Entre Pialah station et Richmond il faut compter 100km si la route « principale » est ouverte, 150 km si le niveau d’eau de la rivière qui la traverse est trop haut et oblige à un détour par les chemins de terres et le village de Maxwelton !

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Pialah station, au milieu de rien…!

Le jour de notre arrivée la route Ricmond-Croydon qui représente l’itinéraire le plus court était coupée, c’est donc via Maxwelton que nous avons du arriver… Le GPS ne connait pas les directions via les chemins de terres qui traversent les champs des différentes propriétés, c’est donc en suivant les indications de notre futur employeur que nous quittons la route goudronnée sur la gauche, à Maxwelton, roulons jusqu’à la première intersection où il faut prendre à droite, puis roulons jusqu’à la prochaine où il faut prendre à gauche et roulons encore sur 9 km avant de tourner à droite juste après la grille de séparations de deux propriétés, suivons le chemin jusqu’à retrouver une route goudronnée où il faut tourner à gauche et rouler encore une vingtaine de km avant de voir le panneau « Pialah » sur la gauche ! Il faut avouer que c’est un peu dubitatifs que nous suivons ces indications et sans aucune certitude d’êtres sur la bonne voie jusqu’à ce que nous trouvions en fin le panneau signalant l’entrée de la station… Même après ce panneaux c’est encore 5 bons kilomètres qui nous attendent à travers champs et sur une piste poussiéreuse avant de rejoindre enfin l’habitation et de rencontrer les occupants du lieu.

Pialah station est tenue par Georgie et Dan et Charlie leur petite fille, ils sont aidés à l’année par deux employés qui résident sur place également. Cette station n’est pas indépendante elle appartient à une entreprise familiale qui compte 4 autres propriétés. Au milieu d’une vaste étendue de rien et dans un univers de cow boys ils élèvent bœuf et vaches pour la production de viande. La compagnie possèdent près de 10 000 têtes de bétails et rien que Pialah station s’étend sur presque 60km².

Georgie s’occupe, entre autre, de la maison, des repas, et de nourrir les animaux, cochons, poules et chiens qui restent à proximité de la maison et de la petite Charlie. Pendant que Dan et les deux employés se consacrent à des taches plus relatives à l’élevage du bétail, à l’entretien des clôtures, des engins, à la construction de nouveaux éléments pour la station… Quant à nous qui n’avons aucune connaissance de ce milieux c’est pour faire de la peinture que nous sommes là !

Le travail et le quotidien… Un horaire sur celui du soleil !

L’habitation principale, la maison de Georgie et Dan à besoin d’un bon coup de frais, les murs sont craquelés en de nombreux endroits et la peinture d’un vert clair douteux qui ne plait à personne à besoin d’être changée ! Ici nous sommes nourris et nous campons dans notre van installé juste à coté de la maison, une salle de bain est mise à notre disposition ainsi que l’électricité et la wifi… Nous n’avons donc quasiment aucune dépense et nous sommes payés à l’heure ce qui au final est très rentable… Autre fait très appréciable nous sommes assez libres d’organiser nos journées comme bon nous semble entre le petit déjeuner servit à 6h du matin et le diner servit à 19h30 ! Ainsi nous travaillons 10h par jour généralement 5 jours par semaines mais en étant libre de travailler aussi le weekend si cela nous chante… Nous avons travaillé quelques samedi mais il faut avouer qu’après notre semaine de 50h à gratter peindre et déplacer le matériel tout autour de la maison et d’une pièce à l’autre on apprécie vraiment de ne pas avoir de réveil le samedi et le dimanche matin… N’ayant jamais vraiment été habitués à se lever si tôt les réveils avant 6h sont toujours difficiles même après un mois et demi sur place et même en étant généralement couchés avant 21h…

Notre installation et notre voisine la vache à lait !

Notre installation et notre voisine la vache à lait !

Ici la journée commence à la fraiche avec le lever du jour et quand nous tombons de notre lit à 6h moins 5 pour aller déjeuner tout le monde est déjà bien réveillé (bien mieux que nous !) et complètement opérationnel ! En ce qui nous concerne nous attaquons généralement le travail un peu avant 7h, prenons une heure de pause pour le repas de midi qui a lieux entre 12h et 14h selon les jours et les occupations des autres travailleurs, puis nous finissons la journée à 18h…

Ainsi en un mois et demi de travail nous avons réparé les fissures et repeint quasiment tous les murs intérieurs et extérieurs de la maison, et réparé au passage la tuyauterie des wc qui fuyaient ! Entre temps nous avons à deux reprise failli abimer Charlie, la petite aventurière de même pas un an et demi qui prend un malin plaisir à escalader l’escabeau que nous avions oublier de plier, ou a se faufiler derrière une porte appuyée contre un mur en attendant de sécher pour la faire tomber en poussant dessus… Heureusement elle s’en est à chaque fois sortie indemne, plus de peur que de mal et nous apprenons à fermer les portes, plier l’escabeau et ne rien laisser trainer de nos outils avec lesquels elle pourrait se faire mal… Travailler avec une petite qui court partout et des chiens qui se promènent par là de temps en temps nous aura donner quelques traces de peintures au sol à nettoyer, quelques trace de petites mains dans la peinture fraiche à recouvrir et un joli trou dans la porte qui est tombée à reboucher !

La vie de cow boy..

Nous avons également passé trois jours à travailler pour le voisin à la réfection des clôtures dans une propriété à 100km de là…  Ainsi qu’une journée à aider Dan et les employés à marquer le bétail et nous avons eu la chance de pouvoir les accompagner lors du rassemblement d’un troupeau, découvrant ainsi les joie du mustering et du branding (mais cela sera expliqué plus en détails et en image dans les articles suivants !) C’est là tout l’univers des cow boys australiens qui s’offre à nous. En plus d’un rythme qui suit la lumière du jour nous nous adaptons également à une culture différente, qu’elle soit culinaire, musicale ou du divertissement elle ne ressemble en rien à ce que nous vivions en France. Ici la musique country est reine, on mange du bœuf (de la très bonne viande produite sur place !) tous les jours et jusqu’à trois fois par jour ! (et oui c’est possible d’avoir un steak au petit déjeuner !) On boit un verre à beer o’clok ! (c’est beer o’clok à chaque fois que tu as envie d’en boire une mais plus généralement vers 18h à la fin de la journée de travail !) Les divertissements du weekend sont des rodéos et on y retrouve tout en concentré : les chevaux, les boeufs, la musique country, la malbouffe, la bière et des cow boys en chemise et chapeau par centaine !

des vaches par centaines...

des vaches, des vaches et encore des vaches !

Et après ?

Autant dire qu’on se plait bien par ici et que tout se passe au mieux, on découvre pas mal de choses nouvelles, le travail est pas trop désagréable, on perfectionne notre anglais en essayant d’éduquer nos oreilles à l’accent australien du bush qui n’est pas des plus évident et comme on est loin de tout on arrive à économiser pas mal de notre salaire…

Le travail de peinture sera achevé dans quelques jours et Georgie nous à trouvé plus de travail pour les trois semaines suivantes dans une autre propriété de la compagnie et dans une station voisine ! Après quoi nous reviendrons à Pialah pour nous occuper de la peinture du logement des employés…  Tout ça va encore nous occuper un bon mois et après… après on verra où le vent nous porte et surtout où le prochain travail se trouve !

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