Varanasi, la ville qui brule ses morts au bord de l’eau…

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Aussi improbable et étrange soit ce lieu, voilà un endroit en Inde qui nous plait sincèrement :

Après un mois dans le Rajasthan et un éprouvant voyage de presque 24h en sleeper class dans un train bondé, nous arrivons (avec bien 4h de retard sur l’horaire prévu) le dimanche soir du 31 janvier, à la gare de Varanasi !

0Passé les deux premières soirées ou nous testerons différents hôtels pour pouvoir en trouver un qui puisse offrir de l’eau chaude, une connexion internet et un roof top pas trop pourrit… et ne soit pas hors de prix ! (bref que la chambre corresponde vraiment avec les dires du tenancier parce que dans les deux premiers rien de tout ça n’existait alors qu’on nous l’avait affirmé ! Nous y avons plutôt trouvé du bruit, des souris et des repas pas très bons…!) nous atterrissons pour le troisième soir à Sandhyan guest house, un hôtel très sympa, avec un gérant aimable, une chambre propre avec un petit balcon sur la rue et une douche offrant l’eau la plus chaude que l’on ait trouvé de tout le voyage ! Bref l’endroit parfait pour se poser quelques jours, aussi la ville nous plait et le peu de trains disponibles pour repartir font que nous resterons presque une semaine ici à flâner sur les bords du Gange…

Premiers abords…

Le quartier ou nous avons atterri se nomme Shivali Ghat, (un ghat est un espace aménagé avec de nombreuses marches qui descendent vers l’eau du Gange, il y a des ghats tout le long du fleuve et leurs noms sont aussi donnés aux quartiers qui les jouxtent…) Comme souvent, c’est un peu au hasard que nous sommes arrivés dans ce quartier, en ayant juste vu sur une carte qu’il était assez central, il nous semblait donc un bon endroit pour pouvoir visiter la ville ! Nous avions bien jeté un petit œil sur le net avant d’arriver (mais très rapidement) et avions en tête qu’il n’y avait que deux ghats consacrés aux crémations, le plus connu étant Manik Arnika nous arrivions à le situer sur la carte et savions qu’il était à quelques km de l’endroit où nous étions, quant à l’autre… Aucune idée…!

Nous avons découvert très vite que le second ghat dédié aux crémations était en fait le ghat le plus proche de notre hébergement, puisque c’est par là que nous sommes arrivés sur les bords du Gange pour la première fois…!

En marchant dans la rue qui mène au fleuve nous voyons de grosses quantité de bois entreposées un peu partout, et on se fait même la réflexion qu’elles doivent êtres utilisées lors des crémations, mais à ce moment là nous sommes toujours persuadés qu’elles prennent place dans un autre endroit…! Ainsi nous descendons les marches du premier ghat dans lequel nous pénétrons et là nous nous retrouvons face à un énorme bucher qui brule et qui fume… Une odeur de viande grillée emplit l’air ambiant et il nous faut bien quelques seconde pour réaliser où nous sommes… Sur le haut du bucher que quelqu’un est en train de retourner apparait très distinctement la forme d’un buste tout noir et calciné, duquel s’échappe un grand os dont la blancheur se détache très nettement…

C’est assez surprenant il faut l’avouer mais bien moins choquant que ce que l’on aurait pu imaginer.

Ici l’atmosphère est très calme, personne ne prête attention à notre présence, plusieurs buchers en différents endroits au bord du fleuve et à différents stades de décomposition prennent place, en face des marches ou plusieurs personnes sont assises à les regarder dans le plus grand calme… les gens discutent, des enfants jouent, les vaches, les chèvres et les chiens se promènent au milieux de tout ça…

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Nous nous asseyons un instant sur un banc en haut des marches pour observer un peu plus tranquillement tout cet étonnant endroit. Et très rapidement un personnage que nous n’avions pas remarquer vient s’installer près de nous. En nous voyant donner quelques pièces à un vieux mendiant il nous aborde et commence à nous parler… « Ça c’est bien, vous aurez un bon karma ! » « c’est votre première fois ici ? » « Connaissez vous les détails de la crémation ? »… Et le voilà qui se met à tout nous expliquer : Pour commencer nous sommes assis dans l’espace qui est réservé aux famille (Oups!) il nous invite à nous déplacer pour aller s’installer sur un banc beaucoup plus près du feu, à seulement deux ou trois mètres du bucher… Et là au milieux des fumées, de la chaleur des flammes et des cendres qui nous volent un peu dessus les explications continuent :
« Moi je travaille ici, je veille sur les buchers, je les retourne pour que tout brule… car je pense que c’est bon pour mon karma d’aider les défunt et leur familles… »
« Les gens viennent se faire bruler ici car de cette manière ils pensent mettre fin au cycle des réincarnations… « 
« Il faut environ trois heures pour que tout brule, mais tout ne brule pas : le buste des hommes et les hanches pour les femmes ne disparaissent pas complètement, alors quand le bucher s’éteint on récupère les restes et puis on les lestes avant de les jeter au milieux du fleuve… »
« Certaines personnes ne sont pas brulées (les femmes enceintes, les enfants de moins de 10 ans, les décès liés à une morsure de serpent, les Sâdhu… et quelques autres) ils sont lestés et jetés tout entiers au milieu du Gange » (on veut bien le croire mais la suite de l’explication s’est faite dans un anglais un peu confus alors on a pas vraiment compris pourquoi !)
« Il y a différent emplacements au bord de l’eau : le plus au bord du fleuve sur de la terre battue les buchers destinés au gens des castes les plus basses sont installés, plus près des marches du ghat, (sur un sol pavé,) les buchers pour les castes les plus hautes, (sur un genre de promontoire) entre les deux prennent place les bucher pour les gens appartenant à la caste des brahmanes… Les intouchables ont un autre endroit… »
« Avant d’être brulé le corps du défunt est baigné par la famille dans l’eau du Gange » A ce moment là arrive un corps porté par 4 personnes sur un brancard en bambou, puis il est déposé au bord de l’eau, les tissus colorés qui le recouvrent sont enlevés, le corps reste enveloppé dans un linge blanc et est trempé dans l’eau du fleuve par les personnes qui le portaient…
« Le corps est transporté ici par sa famille, puis baigné, et enfin si un parent meurt c’est au fils ainé d’allumer le bucher avec une flamme sacrée… Dans tout les cas le bucher est allumé par un membre de la famille proche… »

« Avez vous vu la flamme sacrée que l’on garde allumée depuis plus de 450 ans ? » nous ne l’avons pas vu alors il nous y emmène, enfin nous fait passer devant très rapidement mais sans s’arrêter et nous dit que ce sont les membres de sa famille qui la conservent depuis tout ce temps… Puis il nous explique que certaines familles qui n’ont pas beaucoup d’argent ne peuvent pas acheter assez de bois pour construire le bucher…Que lui il cherche à les aider, toujours parce que c’est bon pour son karma… Sur le moment les explications nous semblent intéressantes et le personnage aussi alors on écoute et on suit… Il nous explique les options possibles pour les familles les plus démunies. Les défunt peuvent êtres brulés avec leur bijoux, après il va chercher dans les cendres pour les récupérer et les revendre sur le marché (… là ça nous rappelle quelques faits d’histoire mais on évitera d’en parler…) Après il nous explique aussi qu’il y a ici, de nombreux artisans dans la vieille ville qui tissent à la main de la soie et d’autres matériaux et qu’ils approvisionnent un magasin d’état dans lequel les prix sont très corrects et que par le biais de ce magasin le gouvernement reverse des fonds pour les crémations des plus démunis… (OK pourquoi pas…?!? Si c’est vrai c’est vraiment bien !) Et puis il nous propose d’aller faire un tour dans la vieille ville voir la boutique en question et les artisans qui travaillent ici… Nous le suivons jusque là bas, et nous discutons un moment avec un des vendeurs qui nous montre pleins de produits, des foulards et des châles de toutes tailles et couleurs, tous plus beaux les uns que les autres… Il nous dit que si on aime on peut acheter et que sinon on peut juste regarder pas de problème… Il nous explique que c’est ici que sont fabriqué la plus part des produits revendus dans les autres boutiques et dans d’autres villes en Inde, que donc c’est ici qu’on les trouve au meilleur prix puisque nous sommes à la source et qu’il n’y à pas de frais liés au revendeurs… Par contre les prix sont non négociables car il y a peu de marge de réalisée… Qu’ils exportent beaucoup à l’étranger pour des grandes marques de luxes… Qu’on peut payer en cash ou en CB pas de problème… Sauf que nous on a pas l’intention d’acheter en fait !  » OK pour voir, oui les produits sont très beaux et d’une belle qualité mais là on a à peine quelques centaines de roupies sur nous et on avait pas du tout prévu de faire du shopping… » Il reste très courtois mais son sourire s’efface quand on lui explique cela… (Sur le coup on ne relève pas mais à aucun moment lui ne nous à parlé d’une quelconque aide au plus démunis en achetant ici !)

Quand on sort de la boutique on voit que notre guide improvisé nous a attendu « Alors vous n’avez rien acheté ?  » Il nous refait le couplet sur la qualité, sur les meilleurs prix qu’on pourra trouver… Et en revient à l’aide au plus pauvres… Nous on préfèrerait lui faire une petite donation à lui directement, histoire en même temps de le remercier pour la visite et les infos, et en espérant que les gestes suivront le discours, nous lui laissons 200 roupies avant de le quitter. Et nous pensons naïvement que cela pourra servir à quelqu’un… Là on débarque, on vient d’arriver, on l’a trouvé sympa et puis on  a envie de croire à ce qu’il nous dit alors on lui donne…

((Le lendemain quand on le recroise il nous relance sur le shopping, il ne semble pas vraiment vouloir comprendre qu’on est pas venu ici pour acheter… Il insiste « vous devriez ramener quelque chose de Varanasi, c’est ici que la qualité est la meilleure, et les prix aussi » « Acheter un cadeau pour vos mamans… » Tien ça nous rappelle un paquet de couplet de vendeurs qu’on à entendu dans toutes les villes du pays…
Le surlendemain la même… Les jours d’après il abandonne… Et nous en observant bien ; on l’a croisé presque tous les jours sur le ghat en question mais pas une seule fois en train d’œuvrer autour des buchers… Nous serions nous fait avoir une fois de plus ? Probablement… (Très certainement même… On repense à l’histoire du magasin géré par le gouvernement qui reverse de l’argent aux familles les plus démunies pour qu’elles puissent acheter du bois (blablabla…) et là on se rappelle le nombre de personnes qu’on voit malades et maigres dormir à même le trottoir dans toutes les villes du pays… Comment un gouvernement qui ignore autant de misère chez les vivant peut il réellement venir en aide au mourant ? OK on à été une fois super naïfs ! On s’est fait avoir c’est sur !!!) Mais si notre sentiment est juste son karma va en prendre un coup… Et s’il fait la même histoire à tous les touristes de passage pour se mettre l’argent dans les poches j’imagine en m’amusant ce en quoi il risque d’être réincarné ! Maigre consolation…!))

Après une semaine sur place on pense que ce n’est ni plus ni moins qu’un rabatteur comme les autres qui touche une commission sur ce qui peut être acheté dans le shop où il amène les gens… Mais il faut avouer qu’à la différence de beaucoup d’autres endroits le contact est moins frontal, moins brutal… Sur le moment un poil plus agréable et les infos données au préalable sont certainement vraies, ce qui a le mérite d’être intéressant… En revanche le tout est enrobé dans un des plus beau mensonges que l’on ait jamais entendu ! )

En observant plus tranquillement :

Dans les jours qui suivent nous avons le temps d’aller faire un tour vers l’autre ghat dédié aux crémations, ici l’espace est beaucoup plus exigus, il y a bien plus de monde, les buchers sont très près les uns des autres… Des corps enveloppés de textiles colorés attendent sur les marches qu’une place se libère pour construire un nouveau bucher… Il y a foule…

4Nous comprendrons en observant et en échangeant quelques mots avec d’autres personnes rencontrées ici que les explications reçues le premiers jours étaient exactes. Puis nous apprendrons d’autres choses : la ville ne dort jamais, toute les nuits les buchers brulent… certain attendent plusieurs heures avant de pouvoir incinérer leur mort. Celui qui allume le bucher doit se faire raser la tête avant de passer à l’action, nous verrons des hommes de tous ages têtes rasées, certains semblent à peine adolescent… On a beau savoir que tout est très différent culturellement on se demande quand même comment de si jeunes hommes arrivent à gérer une telle tache… Il n’y a pas de femmes présentes lors des crémations, les anglais à l’époque de la colonie ont interdit leur présence car trop d’entre elles se sont jetées dans les buchers de leurs maris ou enfants… Aussi les femmes pleurent plus facilement, alors la crémation est devenue une affaire des hommes de la famille, ce n’est pas pour autant qu’il le font avec aisance forcément… Même si dans l’ensemble tous semblent très calmes on en a quand même vu un ne pas réussir à retenir ses sanglots, ses proches semblaient alors le surveiller de très près… Et là impossible de ne pas avoir un peu d’empathie, essayant d’imaginer quelle est pour lui la personne qui va bruler aujourd’hui, et comment on pourrait imaginer dire au revoir à ses parents, sa moitié ou son enfant de cette manière …

A toute heure du jour ou de la nuit les corps arrivent dans les rues qui mènent aux ghats ; dans les remorques des tracteurs, sur les toits des bus et des voitures qui eux même contiennent les familles, on voit plusieurs fois par jour les brancards de bambou sur lequel gis un corps enveloppé, porté par 4 hommes, allant vers le Gange… On croise ces processions tous les jours dans les rues de la ville, on croise autant d’hommes tête fraichement rasée, qui viennent d’embraser un bucher ou attendent leur tour pour le faire… Et toujours des familles assises sur les marches regardant les flammes transformer un de leur proche en cendres.

Dans cette ville et sur le bord du fleuve, où la vie rayonne par les multiples activités qui y sont présente, la mort est partout en même temps… Et les deux cohabitent le plus simplement possible…

6Ici à Varanasi tout le monde est très décomplexé par rapport à cette coutume, par rapport à la mort et à comment elle est gérée… Les gens indiquent aux touristes, sans se poser de questions les directions des places liées aux crémations, parfois ils précisent quand même qu’il ne faut pas faire de photos en ces lieux, (Nous en avons fait quelques une avant d’être prévenus mais prises de très loin sur lesquelles personne n’est reconnaissable, nous nous permettons de les publier car nous ne pensons pas manquer de respect aux familles en agissant ainsi) et ils donnent des détails ou indications sur le pourquoi du comment…

En fait c’est même toute l’atmosphère elle même qui est très décomplexée les animaux déambulent au milieu des hommes entre les buchers… Les chiens qui cherchent à piquer quelque chose dans les cendres qui refroidissent sont chassés à coup de bâtons, les vaches et les bœufs eux sont libres de venir manger les fleurs qui recouvraient les corps avant la crémation… Des centaines de bateaux emmène, de jour comme de nuit, les touristes indiens et étrangers au plus près des buchers sur le bord de l’eau…

A quelques mètres des ghats où les corps brulent toute la vie suit son cour le plus normalement possible (enfin même si la question de la normalité est toute relative au pays qui la contient !) Au bords des buchers et tout le long du fleuve, des personnes se lavent, lavent la vaisselle, le linge… D’autres se baignent, font leurs ablutions, prient et boivent l’eau du fleuve… Certain jouent aux cartes, ou au cerf volant, les jeunes indiens font des selfies avec leurs smartphones, de vieux baba barbus passent leur journée à fumer leur shilom en buvant le tchaï des vendeurs ambulants… Toutes sortes de vendeurs, ambulant ou non, sont là tous les jours et proposent de la nourriture, des boissons, des bijoux, des peintures… Le spectacle est assez hallucinant, pour le coup c’est la cohabitation de toutes ces activités qui est vraiment surprenante, plus que de voir les corps bruler, et ça on ne l’aurait pas imaginé au premier abord…

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Du calme au milieu de tout ça :

En dépit de l’agitation et de l’activité qui y règne nous avons trouvé que l’endroit était calme, que tout y étais plus facile que dans les endroits précédemment visités en ce pays…
Les vendeurs essayent toujours de vous vendre leurs produits mais sont plus délicat, ici ils vous abordent dans la rue sous prétexte qu’ils aiment discuter ce qui leur permet de parfaire leur anglais. Ils passent un peu de temps à vous décrire tel endroit ou tel monument, à vous raconter l’histoire des dieux Shiva ou Hanuman, avant de vous proposer d’aller visiter leur magasin, et ne se vexent pas si on leur dit qu’on préfère venir plus tard avant de les laisser… De la même manière ils nous mettent en garde : faites attention aux personnes qui veulent vous vendre des choses sur les bords du fleuve, certain essayerons de vous distraire pour vous voler… Attention à cette femme qui va vous demander du lait pour son bébé, elle le fait acheter puis le rapporte au magasin ou elle récupère les sous…

Enfin un endroit où le contact avec les gens nous semble plus aisé… on a mois le sentiment que tout le monde veut absolument nous vendre, ou attend, quelque chose, un simple non merci met fin à la demande et les gens n’insistent pas… ça change et c’est appréciable !

Notre dernière après midi sur place nous la passerons installés sur les marches d’un ghat à faire des photos et des croquis quand quelqu’un est venu s’installer pour discuter… Comme à chaque fois nous étions un peu sur la réserve au début, attendant le moment ou cette personne voudrait nous emmener voir son magasin ou nous vendre quelque chose, mais ce moment n’est jamais arrivé et nous avons simplement discuté pendant plusieurs heures durant, de tout et de rien… Et ça c’était vraiment génial, parce que ça nous prouve que même si elles sont peu nombreuses, ce genre de rencontre est possible ! Aussi ça nous fait du bien parce que là on trouve quelqu’un à qui on peut demander plein de choses, parlant de la religion, de nos pays respectifs, du mariage, des castes…

Et on trouve même quelqu’un de super ouvert dont les explications vont à l’encontre de celles qu’on a reçu précédemment : Quelqu’un pour qui le système des castes n’est pas normal, quelqu’un qui voudrait qu’en ce pays tous les hommes se considèrent égaux ! Il nous confirme ce qu’on imaginait un peu à ce propos : que les gens des castes hautes aimerait bien conserver ce système mais que ceux des castes basses préfèreraient le voir disparaitre… (A nous ça semble assez logique, à lui aussi, pourtant il nous dit qu’il est un brahmane (caste haute) alors on le trouve vraiment très ouvert !)
Aussi il nous parle avec plein d’entrain de sa religion et du karma, plein d’entrain mais aussi plein de curiosité rapport à notre culture… Qu’est ce qu’on fait pour notre karma ? Alors à nous de lui expliquer que le karma ne se défini pas vraiment chez nous puisqu’on ne croit pas à la réincarnation… On a conscience que la vie est courte alors on essaye d’en jouir au maximum tout en faisant ce qui nous semble le mieux pour être honnête et charitable… Alors qu’est ce vous croyez qu’il advient après la mort ? Nous lui expliquons les différentes options que les gens imaginent par chez nous, l’enfer, le paradis et rien du tout… ! Cela semble l’intriguer et l’amuser à la fois…
Il semble émerveillé quand on lui explique que le système de dotes n’existes plus chez nous depuis belle lurette, passé la surprise de la découverte, la façon dont on choisit son conjoint et dont on choisit ou non le mariage doit lui sembler tellement facile qu’il semble presque envieux…
Il nous donne son sentiment sur toutes les personnes qui appellent/forcent à la donation aux abords des temples, nous disant qu’aucun gourou n’a jamais dit qu’il fallait chercher l’argent par cette voie là, que l’argent ne part avec les gens dans les vies à venir… Que toutes ces actions n’ont rien de bon pour le karma de ceux qui les réalisent ! Et là il nous fait plaisir, on reste avec des conceptions de la vie très différentes mais on se sent quand même assez proches sur plein de points !
Avec lui nous n’avons pas vu les heures passer, nous avons découvert un autre contact possible avec quelqu’un du coin, dans la gentillesse et la curiosité, sans préjugés et sans arrières pensées

Essayant de conclure…

Si vous devez voyager en Inde, Varanasi est certainement la place qu’on recommanderait le plus sérieusement. Parce que tout ici est fou pour les européens que nous sommes, parce que la ville regorge de surprises, et les activités qui y prennent place sont presques indescriptibles tellement elles sont nombreuses et surprenantes… Parce que l’on gagnerait peut être un peu a dédramatiser la mort et tout ce qui l’entoure dans notre culture… Bien sur aussi ici il y de la tristesse et il y a un business autour de tout ça mais dans des dimensions tellement moindres que chez nous… Ici la mort fait partie de la vie, elle est gérée par les familles avant tout, et non aseptisée par les entreprises qui vendent des cercueils, des pierres tombales, ou leurs services au crématorium… Nous passons peut être sur ce sujet d’un extrême à l’autre mais après avoir vu tout ça on ne peut s’empêcher de vouloir réfléchir à un entre deux.

Séjourner à Varanasi et se dire que les bords du Gange semblent être un concentré de la culture indienne avec ce qu’elle contient de plus fou et de plus beau… Et contempler pour essayer d’appréhender un peu ce qu’un lieux peut avoir de sacré ne peut probablement pas se faire mieux ailleurs qu’ici…

Les choses qui restent en mémoire après avoir vu cet endroit et celle auxquelles on ne peut s’empêcher de réfléchir sont nombreuses quand on le quitte, je ne parlerais pas de révélation ou d’un changement radical dans la vision du monde, mais juste d’une ouverture nouvelle sur les possibilités d’aborder un bon nombre de questions… Le rapport vie – mort est un incontournable mais au delà de ce dernier c’est tout le rapport à l’occupation de l’espace, le rapport entre le privé et le public, les rapports entre les individus eux même, et pas mal d’autres points encore, plutôt difficiles à verbaliser, qui laissent à méditer…!

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2 réactions à Quelques mots écrits sur les bords du Gange…

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