Mustering, branding, fencing… Quelques jours à la suite des cow-boys Australiens !

Définitions possibles :
Mustering : La partie du boulot que préfèrent les employés de la station !
Branding : probablement le pire jour dans la vie d’une vache australienne !
Fencing : peut être la partie la plus bucolique du travail ?!

Des vaches par centaines, quelques chevaux et cavaliers, quad, camion, moto et même un hélicoptère… du bruit, de la poussière, un soleil de plomb et un peu d’hémoglobine ! Le récit de quelques journées aux cotés des travailleurs d’une cattle station et un début d’explication au «pourquoi les vaches dans ce pays semblent toutes complètement flippées ?!»

Pour prêter main forte autant que pour le vivre au moins une fois, nous avons été libérés de notre travail de peinture et invités à passer quelques journées avec Dan et les autres employés de la station lors des jours dédiés au mustering et au branding… Puis par la suite avons été employés par la station voisine pour aider au fencing.
Dès notre arrivée sur Pialah station nous avons été informés que nous étions plutôt chanceux car nous sommes en pleine période de mustering… Comme c’est quelque chose qui nous est complètement inconnu on nous annonce rapidement que nous serons amenés à y participer si le cœur nous en dit ! Toujours aussi curieux et enthousiastes nous sautons sur l’occasion d’accompagner tout ce petit monde dans leur travail avec les troupeaux…

Mustering : Dans la poussière et à travers champs…

[Muster = Rassemblement > Mustering = L’action de rassembler]
Est appelé «mustering» l’action de rassembler et déplacer un troupeau…Le jour ou nous prenons part à ce travail il s’agit de réunir un groupe d’environ 500 bêtes pour les emmener jusqu’à l’enclos où les petits seront temporairement séparés des adultes pour êtres marqués.

Mustering et formation du troupeau...

Mustering et formation du troupeau…

Tous ces animaux vivant sur une grande étendue et dans un état de semi liberté, les moyens à mettre en œuvre pour les rassembler sont assez conséquents : Pas moins de 5 cow-boys à cheval que nous accompagnons en quad et le renfort d’un hélicoptère et de son pilote… Les humains, les chevaux, les camions, quad et motos, c’est presque tous les moyens de la station qui sont mis à contribution ce jour là !
Les jours de mustering sont de longues et fatigantes journées, mais c’est aussi, généralement,  la partie du travail que les jackaroo (les employés de station) On parlera de Jilaroo pour les filles !)) préfèrent !

La journée commence très tôt vers 5h30, autour d’un copieux petit déjeuner à base de steak, d’œuf et de pain grillé… Tout ça est bien vite envoyé et il fait encore nuit quand nous sortons de la maison moins d’une demie heure plus tard…

Ensuite tout le monde s’affaire, enfin tous sauf nous qui tournons un peu en rond au milieux de cow boys hyperactifs qui courent partout, pour sceller leur chevaux, s’équiper de talkie-walkie, rassembler le matériel, charger des camions… Nous restons un peu perplexe et nous sentons un peu inutiles en attendant ; nous qui ne partons pas à cheval n’avons pas de monture à préparer, n’imaginions pas que deux camions seraient à charger avant le départ, n’avons clairement aucune idée de comment les choses vont se passer, alors on se laisse un peu porter en attendant de voir la suite sans vraiment savoir quoi faire pour se rendre utile !
Vers 6h30 l’hélicoptère arrive et le pilote gare l’engin entre le hangar et la ferme avant de venir saluer tout le monde, d’être équipé lui aussi d’un talkie-walkie et de recevoir quelques instructions !
Quand une petite demie heure plus tard tout le monde est prêt nous partons… Comme le troupeau qu’il faut rassembler est à plusieurs dizaines de km le départ ne se fait pas a cheval et en quad, mais en camions et à moto, pendant que l’hélicoptère lui décolle de son coté.
C’est dans un des champs un peu plus loin de la ferme que tout le monde se retrouve, s’équipe et que le rassemblement débute vraiment. Les cavaliers partent d’un coté pendant que l’hélico s’en va de l’autre. Le bétail est répandu sur un champ d’une telle dimension qu’il n’est pas envisageable d’en faire le tour à pied ou même à cheval pour rassembler toutes les bêtes, c’est là que le pilote avec son hélicoptère intervient : Il survole toute la zone et pousse les bêtes vers les cavaliers au sol afin de former un seul troupeau qui va pouvoir être encadré et conduit à l’endroit souhaité !
Ce jour là les bêtes doivent être déplacés d’un champ immense ou elles évoluent en semi liberté vers un autre bien plus petit, à plusieurs kilomètres de là, où les veaux seront temporairement séparés des parents pour découvrir les joies du «branding». Ainsi une fois le troupeau réuni il est mis en mouvement, encadrés de plusieurs cavaliers, un à l’avant ouvre la marche et deux de chaque coté veillent à garder toute les bêtes bien groupées, nous fermons la marche sur le quad poussant vers le groupe et vers l’avant les bêtes qui tentent de s’arrêter en chemin ou de faire demi tour !

Petit à petit le troupeau s'agrandit...

Petit à petit le troupeau s’agrandit…

Pendant plusieurs heures et sous un soleil de plus en plus chaud au fur et mesure que la matinée se passe nous suivons les bêtes, d’abord sur une route goudronnée, puis à travers champs, dans un énorme nuage de poussière… La journée se passe au rythme du bruit du troupeau, meuglements et sabots contre le sol incessant… Parfois entrecoupé par le son d’un galop lorsqu’un cow-boy lance son cheval à la poursuite d’une bête qui tente de s’échapper de la masse.

En milieu d’après midi nous arrivons à l’endroit voulu et assistons à un véritable tour de force qui consiste à faire entrer par un unique portail les plus de 500 bêtes dans un espace beaucoup plus réduit que celui ou elles ont l’habitude de séjourner… Les cavaliers poussent le gros du troupeau qui semble un peu paniqué et l’hélicoptère reprend du service pour forcer les dernières bêtes à rentrer à leur tour. Ces animaux sont assez rarement confrontés à l’homme et se révèlent plutôt peureux et nerveux, alors quand la dernière dizaine de bêtes se met affolées à courir partout sauf dans la direction souhaitée c’est un véritable spectacle que de voir l’hélicoptère zigzaguer entre les arbres à juste quelques mètres du sol en leur fonçant dessus pour les effrayer et les obliger à repartir en sens inverse. Pendant que les bêtes adultes tournent en rond, virent de bord sans prévenir et font des demis tours au derniers moment, les plus jeunes qui semblent ne pas bien voir foncent droit devant eux et s’écrasent de plein fouet dans les barrières ou les barbelés qui cloisonnent le champs ! Parfois, par chance, et sans que l’on comprenne bien comment, l’un d’entre eux réussi à passer au travers et se retrouve projeté, semblant tout aussi surpris que nous, dans un espace vide où il ne semble plus trop savoir ou aller…
La journée se termine avec le tri des bêtes et la séparation des petits de leur mères grâce à un ingénieux système de couloirs et de portes dans lesquelles les animaux sont contraints de passer. Pendant que certain poussent les bêtes dans des enclos de plus en plus petits et enfin dans un genre de couloir, une autre personne située au bout du couloir actionne un genre de porte qui oblige les animaux affolés à partir à gauche ou a droite en fonction de s’il sont adultes ou jeunes.

Tout le troupeau, un peu serré,  enfin entré dans l'enclos qui leur était destiné !

Tout le troupeau, un peu serré, enfin entré dans l’enclos qui leur était destiné !

C’est en fin d’après midi, crasseux de poussière et de transpiration, que tout le monde rejoint la station après une journée bien remplie ! Fatigués mais content on rentre fort d’une nouvelle expérience, découvrir le mustering était vraiment intéressant mais pour couronner le tout nous avons aussi eu le droit d’embarquer dans l’hélicoptère ce qui était une première pour nous deux, qui nous à vraiment bien plus, et nous à par la même permis de prendre conscience de l’étendue du domaine et d’observer toutes les facettes de ce travail d’équipe.

Vu d'en haut ! Merci jack qui nous embarque tour à tour dans son petit hélicoptère !

Vu d’en haut ! Merci jack qui nous embarque tour à tour dans son petit hélicoptère !

Branding : Ou pourquoi on est bien content de ne pas être une vache et encore plus de ne pas être un bœuf !

[Brand = marque > Branding = Marquer]
Le «branding» est l’action de marquer les jeunes animaux d’un troupeau, cela inclut comme on l’imagine au premier abord le marquage au fer rouge, mais pas que…
Cette journée de travail se déroule dans un yard, ce que nous appelions précédemment «enclos»… Un yard est une enfilade d’enclos, un peu labyrinthique, fait de poutres en acier qui vont en s’amenuisant pour aboutir sur un genre de couloir, toujours cloisonné de grosse poutre ou plaque d’acier, dans lequel les animaux sont contraint de passer un par un.

Veaux du yard à la zone où ils vont être marqués !

Veaux du yard à la zone où ils vont être marqués !

Pour amener les veaux jusqu’à l’endroit ou il vont être marqués, une première personne agit directement dans le troupeau pour détacher de petits groupe de bêtes et les faire passer dans un enclos du yard plus petit. A partir de ce petit enclos les bêtes sont poussées dans un genre de couloir où elles sont contraintes d’avancer en file indienne. Cette partie du yard est adaptée à la taille des veaux et le couloir est fait de parois pleine de sorte à ce que les veaux ne puissent pas vraiment voir ce qui se passe autour et devant. Au bout du couloir une dernière partie est cloisonnée par une porte qui est ouverte et fermée par une autre personne pour ne laisser passer qu’une seule bête qui se retrouve alors enfermée entre quatre parois un peu plus haute qu’elle… Jusqu’ici tout va bien ! Là l’animal bien que nerveux n’a pas encore idée de ce qui l’attend derrière la dernière porte…!
Quand la dernière porte s’ouvre les bêtes ne semblent avoir qu’une seule idée en tête : Avancer, sauter, sortir !! Alors elle ne se font pas prier pour se jeter dans la gueule du loup ! Quand la dernière porte s’ouvre trois personnes attendent l’animal, et en moins d’une seconde alors qu’il essaye de foncer il se retrouve pris en sandwich entre deux plaques d’acier qui viennent le bloquer tout le long du corps. La tête sort par devant et la croupe est libre à l’arrière… Une fois l’animal coincé entre ces deux plaques de métal tout se déroule très vite : le sandwich «acier – veau – acier» est renversé sur le coté, et pendant qu’une personne à l’arrière attrape les pattes pour les bloquer fermement, une autre personne s’occupe de castrer l’animal (à la main et à l’aide d’une petite lame de scalpel !) puis de lui appliquer tour à tour deux fer bien rouges qui viennent brûler la peau et marquer à vie les initiales de la propriété sur sa croupe !

Marquage au fer rouge. pshhhhhh... et ça sent la viande grillée !

Marquage au fer rouge. pshhhhhh… et ça sent la viande grillée !

Dans le même temps la troisième personne est située du coté de la tête de l’animal et vient lui faire subir trois autres action presque aussi barbares pour poser d’autres marques au niveau de l’oreille. L’oreille est d’abord poinçonnée avec un genre de pince coupante qui sectionne une petite partie enlevant d’un coup, poil, peau et cartilage laissant une marque qui ressemble un peu à un «K» sur le bord de l’oreille. Dans les secondes qui suivent un autre poinçon façon boucle d’oreille est appliqué à l’aide d’une perforatrice (exactement comme pour les boucles des humains mais en beaucoup plus gros !) et un badge avec un numéro y est apposé, enfin la dernière opération et non des moindre consiste à couper la base des cornes… La base des cornes est sectionnée pour que les cornes ne poussent pas, deux raisons à cela : 1/ les cornes poussent parfois dans le mauvais sens et viennent se planter dans le crane des animaux, (c’est bizarre mais possible !) et 2/ Pour éviter que les animaux ne se blessent entre eux ! Cette opération est la plus inattendue et de loin la plus surprenante et la plus gore… A l’aide d’un couteau tranchant des deux cotés et à la lame des plus affûtée, la personne en charge de découper la base des cornes doit agir d’un grand coup sec (deux grand coup secs puisqu’il y a deux cornes !) pour en quelques sorte scalper l’animal ! Là c’est des bout de peaux et de chairs qui s’envolent laissant le sang gicler par les petits vaisseaux qui viennent d’être sectionnés !

Marquage au fer rouge.

Les multiples raisons qui font que les vaches dans ce pays semblent assez craintives !

Après que toutes ces opérations se soient enchaînées en à peine quelques minutes, les plaques d’aciers qui maintenaient la bêtes sont ré-ouvertes et le petit est alors libéré et peut repartir dans le yard rejoindre les autres qui ont déjà été marqués. L’animal est bien moins vif et fougueux que quand il a été bloqué quelques minutes plus tôt et semble d’un coup un peu perdu et désemparé, il s’en va donc sur ses petites pattes tremblotantes, avec du sang qui dégouline sur ses oreilles et ses yeux, voir qui continue de gicler vers le ciel…
On passe ainsi une grosse partie de la journée dans un yard qui se rempli petit à petit par des veaux sanglants, bien peu agités, faisant penser à des animaux zombies ! Il faut dire que les premières bêtes que l’on voit passer en début de journée sont les plus impressionnantes, puis on semble au fil des heures s’habituer aux bruits et aux odeurs, mélange de bouses, de poussières, de bêtes et de sang qui emplissent l’atmosphère. Enfin il faut avouer qu’étant les plus inexpérimentés des participants nous avons étés relégués aux taches les plus simples, c’est à dire pousser les veaux dans le couloir et recharger la pince pour poinçonner les oreilles ! Nous n’avons pas eu à découper ou poinçonner qui que ce soit et sincèrement on en est bien content, le voir est une chose, le faire en reste une autre…

Ces deux journées à observer le mustering et le branding nous aident à comprendre un peu mieux le comportement des vaches dans ce pays. Ici c’est l’Australie, oubliez la vision du ruminant tranquille qui regarde passer les trains, ou se laisse gentiment caresser le bout du museau par n’importe lequel des humains qui l’approcherait ! Ici les troupeau des stations vivent en quasi liberté et ne sont grosso modo confronté à leur propriétaires que deux ou trois fois dans leur vies et vous venez de lire en quoi consistent les journées qu’ils passent à leur contact… On comprend donc plus aisément pourquoi les vaches, veaux, bœufs, auront tendance à s’éloigner rapidement dès que vous approchez un peu trop !

Yard à Pialah station.

Yard à Pialah station.

Fencing : Comme un air de promenade !

[Fence = Clôture > Fencing = Action de cloturer]
Le fencing est l’action de construire ou entretenir des clôtures… Comme les station et «paddocks» (=les champs, les enclos) sont immense c’est en 4×4 que ça se passe !

C’est pour la ferme voisine que nous sommes allés travailler quelques jours, prêter main forte pour le fencing d’une de leur propriété à une centaine de km plus au nord de là où nous nous trouvions. Le mustering n’ayant pas encore été réalisé dans cette propriété il fallait s’assurer du bon état des clôtures avant d’y amener du bétail. Les clôtures sont assez simplement constituées de poteaux en acier plantés dans le sol maintenant trois à quatre lignes de barbelés. Plusieurs éléments peuvent détériorer ces clôtures, les principaux sont des arbres qui tombent dessus ou poussent au travers et des cours d’eaux qui les emportent lors de la saison des pluies.
Mis à part quelques instants à lutter pour sortir du sable un poteau et des fils entraînés dans le lit d’une rivière asséchée, la tache s’est avérée assez facile. Le plus souvent il suffit  de pousser quelques branches et petits arbres tombés sur le barbelé du haut puis de le retendre. La majeur partie du temps le travail consiste à rouler en 4×4 le long des clôtures pour voir si tout est en bon état !
Alors on roule beaucoup et on ne fait pas grand chose ! On croise quelques kangourous, des oiseaux, quelques vaches… On ouvre les portails, on les refermes et on passe de paddocks en paddocks jetant un œil au passage pour vérifier si les points d’eau ne sont pas à sec et le tour est joué ! Au final on discute beaucoup, on fume et on est de retour bien assez tôt pour «beer o’ clock» ! Étant logé dans un genre de ferme un peu insalubre qui n’est utilisée que deux semaine dans l’année pour la période du mustering, l’endroit est habité par les insectes et les grenouilles, à des centaines de km du premier réseau internet ou téléphone… Les 4 jours que nous passons ici sont bien tranquilles et ont finalement quelque chose d’assez bucolique malgré tout !

Encore et toujours....

Encore et toujours….

Un article avec plus d’image du mustering et du branding arrivera par la suite !

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