A Mumbai nous arrivons un peu par hazard…

Chennai, notre destination initialement envisagée en inde, est sous les eaux dues à des violentes pluies à la date ou nous devons nous y rendre… Nous cherchons donc le vol pour l’inde le plus économique que l’on peut prendre avant que notre visa Sri-Lankais expire ! Et du coup nous voilà arrivant au milieux de la nuit à l’aéroport de Mumbai. Comme on arrive de nuit et que cette ville est immense et qu’on s’est pas super bien renseigné on a quand même choisit et réservé un hôtel (un peu au hasard aussi) pour passer nos deux premières nuits et voir quoi faire !
Réservation d’un hôtel sur hotel.com, ça a pas trop mal marché pour la nuit à Negombo et le tarif à 13€ la nuit est dans les plus bas que nous trouvons donc on recommence…

Arrivée vers minuit à l’aéroport, le temps de passer à l’immigration, de récupérer les bagages, il est pas loin d’une heure du matin quand on arrive au comptoir des taxis prépayés à la sortie. Au premier guichet de taxis nous montrons l’adresse de notre hôtel, la femme à l’accueil nous fait comprendre que l’adresse n’est pas complète et qu’il lui faut absolument le nom du quartier ou se trouve l’hôtel… (La bonne surprise !) Elle a pas trop l’air de vouloir nous aider plus, nous sommes sans téléphone, incapable d’appeler l’hôtel, et incapable d’accéder à la Wifi gratuite de l’aéroport car il faut posséder un numéro de téléphone ! On rame un petit quart d’heure et puis on retente la même au guichet d’à coté… Là pas de problème le mec au guichet prend son téléphone, appel l’hôtel,  obtient le nom du quartier, nous trouve un taxi ! Par contre c’est loin et il nous informe que la course va couter 1300 Roupies indiennes… euh ! bah OK ! En même temps on débarque, on est pas renseignés, il est tard, on pense encore au taux de conversion en roupies Sri-Lankaise… Du coup on paye le prix fort pour y aller dans un taxi blanc, et on apprendra que le lendemain en cherchant un peu que le prix dans les taxis jaunes et noirs tourne autour de 350 IR !

Bref on monte en voiture, le chauffeur est bavard, assez marrant, il nous assure que tout est bon, qu’il connait l’adresse, qu’on va rouler presque une heure…

Nos premières minutes en Inde, on est content… même si un peu en vrac on ne réalise pas trop qu’on y est vraiment ! Les kilomètres nous éloignent de l’aéroport et on aperçoit tout autour des routes, des immeubles, une brume de pollution… La ville la plus grande que l’on ai jamais vu avant !

Les minutes passent et le paysage change, nous empruntons des rues plus petites, moins éclairées, les constructions sont très anarchiques la ville à des airs de bidonville… Une odeur très forte et désagréable de décomposition et d’ordures emplit l’atmosphère, il fait nuit, seuls quelques hommes sont dans la rue, l’endroit nous semble lugubre…

Nous roulons encore et le décors change à nouveau, des immeubles réapparaissent, nous prenons un genre de périphérique, il n’y a pas beaucoup de circulation, tout est calme, fluide…

3Au sortir de cette route nous nous engageons dans un nouveau quartier, le chauffeur ralentit, il y a un peu plus de monde dehors, nous n’avons toujours pas aperçu une seule femme dans la rue… Les rues sont encombrées de véhicules à l’arrêt, peu éclairées, il n’y a pas de trottoirs distinct, les constructions semblent massives et s’élever dans la brume nocturne… Nous sommes en train d’approcher de notre adresse, le chauffeur demande confirmation de sa route à des passants. Il est bien 2h00 du matin…  « Mumbai ne dort jamais » nous dit il !

Puis nous apercevons l’enseigne de l’hôtel, la porte d’entrée doit être dissimulée pas loin, derrière tous les deux roues entassés entre notre taxi et le mur qui porte l’enseigne ! Le chauffeur nous dépose et il file.

Nous enfilons nos sacs à dos et essayons de nous frayer un chemin entre les scooters, le caniveau et les détritus au sol, le tout dans l’obscurité, jusqu’à l’entrée de l’hôtel… Nous arrivons devant une porte sans nom, sans numéro et tout derrière semble éteint, on fait du bruit, on appel, on frappe… Pas de réponse !
Oups ! C’est peut être pas la bonne porte, retournons voir sous l’enseigne voir s’il y aurait une autre entrée… Nous nous frayons un chemin entre deux énormes chèvre, ou moutons vu l’allure, ou des boucs vu l’odeur, qui dorment ou meurent (on ne sait pas trop sur le coup !) sur un semblant de trottoir, pour se rendre compte compte qu’il n’y a pas d’autre porte… (Là un petit instant de doute !)
D’un coup d’œil on voit vite que le taxi est bel et bien parti alors on revient sur nos pas, près de la première porte vue et on fait plus de bruit, espérant que quelqu’un va répondre…! Et enfin la porte s’entre ouvre, un jeune homme avec un uniforme Hotel New India apparait, on est sauvé !!!

En entrant on comprend que l’on vient de réveiller les trois membres du personnel qui passaient la nuit à l’accueil, une télé est allumée et un homme replie des serviettes de bains posées au sol sur lesquelles il devait être allongé ! « Bonjour / bonsoir, merci de nous avoir ouvert… Excusez nous, on est désolée pour cette arrivée si tardive ! … «  Nous recevons en échange des sourires un peu endormis et le responsable se met en quête de notre réservation qu’il ne trouve pas avec le numéro que moi j’ai dans le mail de confirmation ! Bon apparemment c’est pas trop grave on répond quand il nous demande, avoir réservé une chambre sans clim et il décide de nous y conduire.. On verra demain l’histoire du numéro de résa !

Ok pour nous, ils nous prennent nos sac (trop gentils !) et les montent dans la chambre au dernier étage (3 sans ascenseur bien sur !) sauf que quand on la voit ça ressemble pas du tout au photos de notre mail… Du coup retour trois étages plus bas en disant qu’on a payé pour une chambre avec salle de bain,  le pc allumé en main pour leur montrer le mail…

Le responsable est « réveillé » une deuxième fois, il doit traduire ma réservation qui est en français avec google traduction parce qu’il à pas trop l’air de croire ce que je lui dit, mais il est patient et souriant… Pendant ce temps les autres employés redescendent nos sacs (trop trop gentils !) dans une chambre avec salle de bain au rez de chaussée…

Nous sommes debout au comptoir de l’accueil quand un rat semble se faufiler au loin vers la chambre qu’il viennent de nous ouvrir ! (Euh… bon OK il faudra vérifier sous les lits et le foutre dehors avant de fermer au cas ou…!)

Toujours debout au comptoir plusieurs minutes après on comprend enfin le « malentendu » prix/chambre quand un autre gros rat se faufile entre nos pieds !

Sursaut !! (On a beau être prévenu c’est quand même surprenant…) /

Air surpris du tenancier !! Genre : « Quoi t’as vu rat ? » (La blague !!) /

Oui j’ai vu un rat mais c’est OK...

Et pour finir : (parce qu’on va être relou jusqu’au bout ) « Ok j’ai bien compris pour la chambre ce qui se passe, l’annonce sur hotel.com vend les caractéristiques de toutes les chambres de l’hôtel sur chaque annonces, et /ou propose des chambres qui n ‘existent pas, comme celle sans clim mais avec salle de bain. Ici toutes les chambres avec salle de bain ont la clim et celle sans clim pour quoi nous avons payé est avec salle de bain partagée… / Soit on paye plus soit on garde la mini chambre du troisième étage…?!

Au final : « Non on veut pas payer plus pour avoir la chambre à 95€ les deux nuits avec clim, qui cela dit en passant, n’a pas de fenêtre… On va garder la chambre en haut ça ira… Merci et désolés pour tout ce dérangement ! »

Les deux employés transportent nos sacs une troisième fois pour les remettre dans la première chambre… (on leur dit qu’on va s’en charger mais ils les remontent quand même… je pense qu’à ce moment là ils nous détestent…!) On s’installe après avoir jeté un coup d’œil sous les meubles , (on sait jamais !) dans une minuscule chambre avec des barreaux aux fenêtre, un ventilateur qui fait un bruit d’enfer, et dans laquelle on galère grave à mettre la moustiquaire…

1Avec ça il est plus de 4h du matin quand on s’allonge pour la nuit ! Entre la chaleur, le bruit du ventilateur, et la moustiquaire qui nous tombe dessus on s’endort péniblement…

A 5h et quelques du matin on est réveillé bien en sursaut par une voix métallique qui résonne dans notre chambre et dans nos tête et qui hurle à tue tête dans un charabia qu’on comprend pas ! A ce moment là c’est juste trop bruyant pour nous… et ça dure …
C’est en fait le premier appel à la prière de la journée… Encore une surprise ! On avait pas vu la mosquée voisine quand on est arrivé de nuit !

Après ça les bruits de la ville qui s’éveillent reprennent le dessus et nous finissons par nous endormir… Après une bonne matinée de sommeil nous voilà mieux parés pour découvrir le quartier dans lequel nous avons atterri…
Nous sommes donc à Dongri, on en avait eu une première idée avec le réveil « appel à la prière » mais la journée le confirme : le quartier semble très musulman, la mosquée qui nous éveillée est voisine de l’hôtel, et les tenues vestimentaires de la majeur partie des gens dans la rue expriment clairement leur confession… Hommes portant la barbe et la djellaba, femmes et filles voilées, parfois même tout en noir…

Le décor ici est complètement fou…!!!

Les bâtiments sont noircis par la crasse, toutes les fenêtres sont grillagées aussi hautes qu’elles se trouvent sur les façades des immeubles… On trouve dans une même rue des habitats de standing très différents de la cabane en taule et en bois à l’immeuble tellement haut qu’on voit à peine les derniers étages…  Seules les mosquées sont blanches ou vertes, toujours propres…

La rue est occupée de façon assez anarchique tant par les humains que par les ordures ou les animaux… Ici un vendeur de meuble partage le trottoir avec un vendeur de fruit, et plusieurs enfants qui dorment à même le sol… Là deux grosses chèvre, un paquet de détritus, un rat qui se faufile… Chat et chien se nourrissent dans les ordures qui s’entassent… Encore des gens qui dorment sur le trottoir… Une vache qui déambule au milieux de la route… Beaucoup de circulation, des centaines de taxis… Autant de klaxons et d’hydrocarbures emplissent l’air ambiant… Parfois une bonne odeur de cuisine recouvre toutes les autres… Les échoppes se succèdent, la foule est omniprésente, partout il faut se frayer un chemin, entre les hommes entre les véhicules, entre les animaux et tous les autres obstacles… On ne voit aucun touriste ici et on se sent parfois un peu observés… la changement avec le Sri Lanka est radical, le dépaysement total… (Nous avons besoin de quelques heures pour appréhender tout ça ! Une bonne journée pour s’y sentir plus à l’aise…)
Le décors est impressionnant, mais de jour plein de femmes et d’enfant arpentent les rues également, certains jouent, d’autres travaillent, d’autres ne font que passer… L’ambiance est tout de même très différente de celle aperçue vers 2h00 du matin à notre arrivée, nous sommes plus serein !…

Nous arrivons dans ce coin de Mumbai qui représente assez tous les clichés que l’on pouvait avoir en tête des grandes villes indiennes, mais malgré tout on ne regrette pas ce point de chute car on ne serait pas arrivés jusque là sur les conseils de personnes du coin qui nous auraient envoyé dans les coins plus propres ou les touristes ont l’habitude d’aller !
Ici on passe nos premiers jours sans trop oser sortir l’appareil photos, parce qu’on trouve ça plutôt indécent de se balader avec un gros appareil quand des gens vivent à même le sol de la rue et que des enfants qui ne mendient même pas semble mourir de faim… (Les photos de Dongri ont été prise depuis la chambre et le balcon de l’hôtel… A voir aussi ici quelques minutes de film de l’activité dans la rue trois étages plus bas !)

Il y  a dans ces rues autant de choses à voir que de contraste entre les hommes, ici certain dorment dans la rue à moitié nus, alors que d’autres les enjambent pour passer leur chemin dans leur vêtements propres et soignés… c’est notre première rencontre avec tant de pauvreté, et c’est, il faut l’avouer, pas évident, même si encore une fois on ne l’ignorait pas en arrivant…
Je crois qu’on à beau être prévenus, on peut toujours tenter de s’y attendre… on est jamais préparé à ce genre de choses… Et on n’imagine pas à quel point cela va être troublant de devoir faire partie de ceux qui enjambent ceux qui dorment sur le sol…

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